“L’email, c’est mort. Tout le monde est sur Instagram maintenant.”
Si vous avez entendu cette phrase récemment, sachez qu’elle est fausse. Complètement fausse.
Le ROI moyen de l’email marketing est de 36€ pour 1€ investi. C’est le canal le plus rentable qui existe, loin devant les réseaux sociaux. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas réservé aux grandes entreprises avec des équipes marketing dédiées.
Un plombier à Marseille, une coiffeuse à Lyon, un menuisier à Bordeaux : tous peuvent utiliser l’email pour garder le contact avec leurs clients et en trouver de nouveaux. Sans y passer des heures, sans budget publicitaire, sans compétences techniques.
Attention toutefois : on ne parle pas ici de spammer vos clients avec des promotions agressives. On parle d’une newsletter intelligente, utile, qui apporte de la valeur et maintient le lien. C’est toute la différence entre un email qu’on ouvre avec plaisir et un email qu’on supprime sans même le lire.
Pourquoi l’email reste pertinent pour les artisans
Avant de vous expliquer comment faire, laissez-moi vous convaincre que ça vaut le coup. Parce que si vous n’êtes pas convaincu, vous n’irez jamais au bout.
Vous êtes propriétaire de votre liste
C’est l’argument numéro un, et il est massif. Votre page Instagram, votre page Facebook, votre fiche Google : vous n’en êtes pas propriétaire. Ces plateformes peuvent changer leurs règles du jour au lendemain, réduire votre visibilité, voire fermer votre compte.
Votre liste d’emails, elle, vous appartient. Vous pouvez l’exporter, la sauvegarder, l’utiliser sur n’importe quelle plateforme. C’est un actif que vous construisez dans la durée et que personne ne peut vous retirer.
Pas d’algorithme entre vous et vos clients
Quand vous publiez sur Instagram, seule une fraction de vos abonnés voit votre publication. L’algorithme décide qui voit quoi, et vous n’avez aucun contrôle dessus. Certains jours, votre post atteint 500 personnes. D’autres jours, 50. Mystère.
Avec l’email, c’est différent. Quand vous envoyez une newsletter à 200 personnes, ces 200 personnes reçoivent votre message dans leur boîte. Point. Pas de “reach” mystérieux, pas d’algorithme capricieux. Votre message arrive.
Un canal de confiance
Quelqu’un qui vous donne son adresse email vous fait confiance. C’est un geste plus engageant qu’un simple “like” ou un “follow”. Cette personne accepte de vous laisser entrer dans sa boîte de réception, un espace personnel. C’est une marque de confiance qu’il faut honorer avec du contenu de qualité. C’est d’ailleurs un excellent outil de fidélisation client, complémentaire à vos autres actions.
Un rappel régulier de votre existence
Soyons honnêtes : vos clients vous oublient. Pas parce qu’ils ne vous apprécient pas, mais parce qu’ils ont mille autres choses en tête. Le plombier qui est intervenu il y a 18 mois, ils ne s’en souviennent plus. La coiffeuse où ils allaient avant de déménager, ils ont perdu ses coordonnées.
Une newsletter mensuelle vous garde dans leur esprit. Le jour où ils ont besoin de vous (ou qu’un ami leur demande une recommandation), vous êtes là, présent dans leur mémoire.
Quel contenu envoyer quand on est artisan
C’est LA question qui bloque tout le monde. “OK, je veux bien faire une newsletter, mais qu’est-ce que je vais raconter ?”
La réponse est plus simple qu’il n’y paraît. Vous n’avez pas besoin d’écrire des romans. Vous n’avez pas besoin d’être journaliste. Vous avez juste besoin de partager ce que vous savez et ce que vous faites.
Les conseils pratiques
Vous êtes expert de votre métier. Vos clients, non. Ce qui vous semble évident est souvent une révélation pour eux.
Un plombier peut expliquer comment éviter que les canalisations gèlent en hiver. Un électricien peut donner des astuces pour réduire sa facture d’électricité. Un paysagiste peut conseiller sur l’entretien du jardin avant l’été. Un menuisier peut expliquer comment entretenir un parquet.
Ces conseils ont deux vertus : ils apportent de la valeur à vos lecteurs, et ils démontrent votre expertise. Quelqu’un qui lit vos conseils et les trouve pertinents aura naturellement confiance en vous pour les travaux plus importants.
Les coulisses de votre activité
Les gens aiment savoir ce qui se passe “derrière le rideau”. Montrez vos chantiers en cours, partagez des photos avant/après, racontez une intervention particulière (en anonymisant le client, bien sûr).
“Cette semaine, on a rénové une salle de bain des années 70. Le carrelage orange d’origine a laissé place à quelque chose de plus… actuel. Photos à l’appui.”
Ce type de contenu humanise votre entreprise et crée une connexion émotionnelle avec vos lecteurs.
Les actualités de votre métier
Nouvelles réglementations, aides disponibles, évolutions techniques : vous êtes aux premières loges pour informer vos clients de ce qui change dans votre secteur.
“La nouvelle réglementation RE2020 entre en vigueur. Voici ce que ça change pour vos projets de construction.” ou “MaPrimeRénov’ a été reconduite en 2026, voici comment en bénéficier.”
Les offres ponctuelles
Oui, vous pouvez promouvoir vos services. Mais avec parcimonie. Une newsletter 100% promotionnelle finit à la poubelle. Une newsletter à 80% de contenu utile et 20% de promo, ça passe très bien.
“Ce mois-ci, -15% sur l’entretien de climatisation pour préparer l’été” ou “Créneaux disponibles cette semaine pour les urgences plomberie”.
À quelle fréquence envoyer sa newsletter
Pour un artisan ou un petit commerçant, une newsletter par mois est le bon rythme.
C’est suffisant pour rester présent dans les esprits sans devenir envahissant. Et surtout, c’est gérable : 12 emails par an, c’est 12 petits textes à écrire. Pas de quoi se noyer.
Si vous avez plus de contenu à partager (une boutique avec de nouvelles collections régulières, par exemple), vous pouvez monter à deux newsletters par mois. Au-delà, attention à la fatigue de vos abonnés. Trop d’emails tue l’email.
L’essentiel est la régularité. Mieux vaut une newsletter par mois envoyée le premier lundi de chaque mois qu’une newsletter “quand j’ai le temps” envoyée trois fois en janvier puis plus rien jusqu’en juin.
Les outils gratuits pour créer sa newsletter
Pas besoin de logiciel compliqué ni de budget. Plusieurs plateformes proposent des versions gratuites largement suffisantes pour démarrer.
Brevo (ex-Sendinblue) : notre recommandation
C’est notre outil préféré pour les entreprises françaises, et celui que nous recommandons systématiquement à nos clients. L’interface est en français, les serveurs sont en France (important pour la conformité RGPD), et le support client est réactif.
La version gratuite permet d’envoyer jusqu’à 300 emails par jour, ce qui suffit largement pour une liste de quelques centaines d’abonnés. Vous pouvez créer des formulaires d’inscription, segmenter vos contacts, et accéder à des statistiques détaillées.
Mailchimp : le plus connu
Mailchimp est la référence mondiale de l’email marketing. La version gratuite permet de gérer jusqu’à 500 contacts et d’envoyer 1000 emails par mois. L’interface est intuitive, les templates sont nombreux et professionnels.
Seul bémol : l’interface est en anglais et les serveurs sont aux États-Unis, ce qui peut poser question pour la conformité RGPD. Pour une utilisation simple avec peu de données sensibles, ça reste un excellent choix.
MailerLite : le plus simple
Si vous cherchez la simplicité absolue, MailerLite est fait pour vous. L’interface est épurée, la prise en main est immédiate. La version gratuite va jusqu’à 1000 abonnés et 12 000 emails par mois.
Parfait pour débuter sans se prendre la tête.
Comment collecter des adresses email
Avoir un outil, c’est bien. Avoir des gens à qui écrire, c’est mieux. Voici les principales méthodes pour construire votre liste.
Sur votre site web
C’est la base. Un formulaire d’inscription sur votre site, avec une promesse claire : “Recevez nos conseils et offres exclusives” ou “Inscrivez-vous pour ne rien manquer”. Si vous n’avez pas encore de site ou s’il date un peu, c’est peut-être le moment de vous pencher sur votre présence en ligne globale.
Placez ce formulaire à plusieurs endroits : en bas de chaque page, dans la sidebar si vous avez un blog, en pop-up après 30 secondes de navigation. Plus il est visible, plus vous aurez d’inscrits.
À la fin d’une prestation
Vous venez de terminer un chantier, votre client est satisfait : c’est le moment idéal. “Est-ce que je peux vous ajouter à ma liste pour vous tenir informé de mes conseils et offres ?”
La plupart diront oui. Ils vous connaissent, ils vous font confiance, ils ont vu la qualité de votre travail. C’est naturel.
En boutique ou sur vos supports
Si vous avez une boutique ou un local, proposez l’inscription sur place. Un QR code sur le comptoir qui renvoie vers le formulaire, une tablette pour s’inscrire directement, ou simplement un petit carton “Laissez votre email pour recevoir nos offres”.
Vous pouvez aussi ajouter un QR code sur vos cartes de visite, vos flyers, ou même votre véhicule.
Important : demandez toujours le consentement explicite. C’est obligatoire légalement (RGPD), et c’est aussi une question de respect. Un email non sollicité, c’est du spam.
Structure d’une newsletter qui fonctionne
Vous n’avez pas besoin de réinventer la roue à chaque envoi. Une structure simple et répétée fonctionne très bien.
L’objet : le nerf de la guerre
L’objet de votre email est crucial. C’est lui qui décide si votre newsletter sera ouverte ou ignorée. Un objet ennuyeux (“Newsletter de mai”) finira à la poubelle. Un objet intrigant (“Pourquoi votre chaudière vous coûte 200€ de trop par an”) sera ouvert.
Quelques règles : restez court (50 caractères max), soyez concret, évitez les mots spam (“GRATUIT”, “URGENT”, “PROMO”), et personnalisez si possible (“Jean, votre climatisation est-elle prête pour l’été ?”).
L’intro personnelle
Commencez par quelques mots personnels. Pas un “Cher client” froid, mais un “Bonjour Jean” ou même un “Salut !” selon votre style. L’email est un canal intime, profitez-en pour créer une connexion.
Le contenu principal
UN sujet par newsletter, pas dix. Allez droit au but, soyez concret, apportez de la valeur. Si vous avez plusieurs choses à dire, choisissez la plus importante et gardez le reste pour le mois suivant.
Longueur idéale : 300 à 500 mots. Assez pour dire quelque chose d’utile, pas assez pour ennuyer.
L’appel à l’action
Terminez par une action claire. “Prenez rendez-vous”, “Répondez à cet email”, “Découvrez nos offres”. Sans appel à l’action, votre lecteur lira, acquiescera… et passera à autre chose sans jamais vous recontacter.
La signature personnelle
Signez avec votre prénom, pas avec “L’équipe de Dupont Plomberie”. L’email vient d’une personne, pas d’une entité abstraite. “À bientôt, Pierre” est beaucoup plus chaleureux.
Email vs réseaux sociaux : le comparatif
| Critère | Réseaux sociaux | |
|---|---|---|
| Propriété | Vous êtes propriétaire | La plateforme contrôle |
| Portée | 100% de votre liste | 5-15% de vos abonnés |
| ROI moyen | 36€ pour 1€ investi | Variable, souvent < 10€ |
| Durée de vie | Reste dans la boîte | Disparaît en 24-48h |
| Personnalisation | Très élevée | Limitée |
Les deux canaux sont complémentaires. Les réseaux sociaux sont excellents pour attirer de nouveaux contacts. L’email est idéal pour les convertir et les fidéliser.
FAQ
Combien d’abonnés faut-il pour que ça vaille le coup ?
Même avec 50 abonnés, ça vaut le coup de commencer. 50 personnes qui vous connaissent et vous font confiance, c’est précieux. Si seulement 2 d’entre elles font appel à vous suite à une newsletter, c’est déjà rentable. La liste grossira avec le temps.
Et si personne n’ouvre mes emails ?
Un taux d’ouverture de 20 à 25% est considéré comme normal. Sur 100 envois, 20 à 25 personnes lisent votre email. Ça peut sembler peu, mais c’est déjà bien mieux que la portée organique sur Instagram. Si votre taux est en dessous, travaillez vos objets.
Faut-il un design élaboré ?
Non, au contraire. Les emails les plus efficaces sont souvent les plus simples : du texte, une image ou deux, un bouton. Pas besoin de template sophistiqué avec des colonnes et des animations. Un email qui ressemble à un message personnel performe souvent mieux qu’une newsletter ultra-designée.
Puis-je envoyer des emails à mes anciens clients sans leur accord ?
Si ce sont des clients avec qui vous avez une relation commerciale existante et que vous leur envoyez des emails en rapport avec cette relation, oui c’est possible (c’est ce qu’on appelle “l’intérêt légitime”). Mais le plus propre reste de leur demander explicitement leur consentement.
Comment éviter d’atterrir dans les spams ?
Utilisez un outil professionnel (Brevo, Mailchimp…), évitez les mots spam dans vos objets, n’abusez pas des majuscules et des points d’exclamation, incluez toujours un lien de désinscription, et envoyez régulièrement (un compte qui envoie une fois par an puis 10 fois d’un coup est suspect).
D’ailleurs, demander à vos clients satisfaits de laisser un avis en ligne est un excellent complément à votre newsletter. On vous explique comment faire dans notre guide pour obtenir 50 avis Google en 3 mois.
Conclusion : 30 minutes par mois pour rester dans les esprits
Une newsletter mensuelle, c’est 30 minutes de travail. Trente minutes pour écrire un petit texte, choisir une image, et cliquer sur “Envoyer”.
Trente minutes pour rappeler à vos clients que vous existez, pour partager votre expertise, pour déclencher des demandes de devis ou des appels. Trente minutes pour construire un actif qui vous appartient et que personne ne peut vous retirer.
L’email n’est pas mort. Il est juste mal utilisé par ceux qui spamment ou qui abandonnent après deux envois. Utilisez-le intelligemment, régulièrement, avec du contenu qui apporte de la valeur, et il deviendra l’un de vos meilleurs outils pour développer votre activité.
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